Aujourd’hui, Limayrac évoque un quartier résidentiel de l’est toulousain, son bois et bientôt une station de métro. Pourtant, derrière ce nom se cache un paysage très différent : celui des anciennes propriétés rurales qui occupaient autrefois les coteaux de Toulouse.
Avant d’être un quartier, Limayrac était d’abord un nom attaché à un lieu. Et ce nom nous ramène à l’époque où les hauteurs de l’est toulousain étaient encore occupées par des domaines, des terres agricoles, des chemins et des bois.
Un nom hérité d’un ancien domaine
L’histoire du nom Limayrac est liée à une ancienne propriété des coteaux et à la famille Limairac, dont Gabriel de Limairac, marchand et capitoul de Toulouse au début du XVIIIe siècle.
La famille possédait dans le secteur un vaste domaine composé de champs, de vignes, de prés et de bois. Comme beaucoup de noms de quartiers toulousains, celui-ci n’a donc pas été choisi au moment de l’urbanisation moderne : la ville a récupéré un nom qui existait déjà dans le paysage.
Un domaine donne son nom à un chemin. Le chemin devient un repère. Les maisons arrivent. Et lorsque la ville finit par englober les anciennes terres agricoles, le vieux nom demeure.
Limayrac est ainsi passé du domaine au quartier.
Difficile d’imaginer aujourd’hui le paysage d’autrefois
Pour comprendre Limayrac, il faut essayer d’effacer mentalement une partie de Toulouse.
À la place des rues et des résidences : des terres cultivées, des propriétés, des arbres et des chemins permettant de rejoindre les différents domaines des coteaux.
La progression de Toulouse vers l’est a progressivement bouleversé ce paysage. Les anciennes parcelles ont été urbanisées et Limayrac est devenu un quartier résidentiel à part entière.
Mais un élément permet encore d’imaginer ce passé plus vert.
Le Bois de Limayrac, un morceau de paysage resté dans le quartier
Le Bois de Limayrac est aujourd’hui l’un des espaces verts caractéristiques du secteur.
Pour les habitants, c’est un lieu de promenade et de respiration. Mais il rappelle aussi indirectement ce qu’était autrefois cette partie de Toulouse : un territoire où la végétation et les grandes propriétés occupaient beaucoup plus de place qu’aujourd’hui.
Cette présence du vert contribue encore fortement à l’identité de Limayrac.
D’un ancien nom rural à une station de métro
Le plus étonnant est peut-être de voir jusqu’où ce vieux nom est arrivé.
Limayrac ne désigne plus simplement un quartier ou un bois. Il a été retenu pour la future station Limayrac – Cité de l’Espace de la ligne C du métro.
Le contraste est assez joli : un nom hérité de l’ancien paysage des coteaux va apparaître sur les plans du métro de la Toulouse du XXIe siècle.
Un quartier entre ville et verdure
Limayrac est aujourd’hui pleinement urbain, mais il conserve quelque chose de sa situation particulière.
On y trouve des secteurs résidentiels, des équipements et des axes fréquentés, tout en restant à proximité du Bois de Limayrac, de la Grande Plaine et de la Cité de l’Espace.
C’est peut-être ce qui rend l’histoire de son nom intéressante.
Limayrac rappelle qu’avant de devenir des quartiers, certaines parties de Toulouse ont d’abord été des paysages. La ville a remplacé une grande partie des anciens domaines. Mais elle en a conservé le nom.
Et vous ? Possédez-vous des photos, cartes postales ou souvenirs du Limayrac d’autrefois ? Le Fil du Quartier serait heureux de recueillir vos témoignages.