Il suffit de quitter le canal du Midi et de commencer à monter vers l’est de Toulouse pour entrer dans Guilheméry. Mais derrière ce nom familier se cache une énigme : son origine exacte s’est perdue avec le temps. L’histoire du quartier, elle, nous ramène vers quelque chose de beaucoup plus concret : l’eau.
Guilheméry est aujourd’hui un quartier de maisons, de jardins et de rues en pente. Pour comprendre son histoire, il faut justement regarder son relief.
Car avant les habitations, ce sont notamment les sources présentes sur ces hauteurs qui ont fait connaître Guilheméry aux Toulousains.
Mais d’où vient le nom Guilheméry ?
Voilà la première surprise : il n’existe pas d’explication définitivement établie. Le nom est ancien, mais son étymologie demeure obscure.
Il apparaît cependant depuis plusieurs siècles sous différentes graphies et finit par être associé non seulement aux hauteurs, mais également aux accès permettant de les rejoindre : le pont Guilheméry constitue ainsi depuis longtemps l’un des passages entre la ville et les coteaux situés au-delà du canal.
Sur les hauteurs, Toulouse venait chercher de l’eau
Bien avant les lotissements et les voitures, les hauteurs de Guilheméry avaient une ressource particulièrement précieuse : leurs sources.
L’eau captée sur le coteau a participé à l’approvisionnement de Toulouse. C’est l’un des aspects les plus intéressants du quartier : lorsqu’on gravit aujourd’hui ses rues, il est difficile d’imaginer que ce relief et cette eau ont joué un rôle dans la vie quotidienne de la ville située en contrebas.
Guilheméry possédait également des installations aujourd’hui totalement disparues du paysage quotidien. Plusieurs glacières y sont notamment attestées au XVIIIe siècle. Elles servaient à conserver la glace destinée à la ville et sont restées en activité jusqu’au XIXe siècle.
De la campagne aux toulousaines
Puis Toulouse a gagné progressivement ses coteaux. Les chemins sont devenus des rues. Les terrains se sont construits. Les propriétés ont été divisées.
Mais contrairement à d’autres secteurs transformés par de grands ensembles, Guilheméry a conservé une forte présence de maisons individuelles. C’est encore l’une de ses signatures.
Les toulousaines et les jardins donnent toujours à certaines rues cette physionomie immédiatement reconnaissable.
Un quartier que l’on ressent aussi dans les jambes
Il reste enfin quelque chose qu’aucune transformation urbaine n’a réussi à effacer : la pente.
Guilheméry est un quartier que l’on monte et que l’on descend. Depuis le canal, les rues gagnent progressivement les hauteurs de l’est toulousain. Cette géographie explique en partie son histoire, ses sources, ses anciennes installations et la manière dont le quartier s’est développé.
C’est peut-être finalement la meilleure façon de regarder Guilheméry aujourd’hui. Derrière ses maisons, ses jardins et ses rues tranquilles se cache un paysage beaucoup plus ancien.
Quant à savoir précisément qui — ou quoi — lui a donné ce drôle de nom de Guilheméry, le quartier conserve encore son secret.
Et vous ? Avez-vous des photos anciennes, des souvenirs ou des anecdotes sur Guilheméry ? Le Fil du Quartier serait heureux de recueillir vos témoignages.