C’est l’un de ces noms que l’on prononce sans plus y penser : la Côte Pavée. Pourtant, il décrit très précisément ce qu’était autrefois cet endroit. Il y avait bien une côte. Et oui, elle était réellement pavée.

Pour retrouver son origine, il faut oublier quelques instants l’avenue Jean-Rieux, ses commerces, les voitures et les maisons qui l’entourent.

À leur place, imaginez un ancien chemin quittant Toulouse et grimpant vers Montaudran. La pente était là. Et elle posait un problème.

Une route qu’il fallait protéger de l’eau

Les coteaux de l’est toulousain dominent les terrains situés autour du canal du Midi. Lors des pluies, l’eau ruisselait naturellement depuis les hauteurs et pouvait entraîner la terre avec elle.

Pour stabiliser les chemins exposés à ce phénomène, certaines routes furent donc pavées.

L’ancien chemin de Montaudran finit ainsi par être connu comme le chemin pavé de Montaudran. Les habitants l’ont associé à l’expression « Costa Pavada » et la voie a officiellement pris le nom de Côte-Pavée en 1860.

Pour une fois, l’explication est donc presque exactement celle que le nom suggère.

La Côte Pavée existait avant le quartier

Au départ, Côte Pavée désigne donc une voie et sa montée, pas tout un quartier.

Mais à mesure que Toulouse s’étend vers l’est, le nom déborde progressivement de la route. Des maisons apparaissent de chaque côté des anciens chemins. Des rues secondaires sont percées. Les terrains autrefois situés à l’extérieur de la ville deviennent résidentiels.

Et Côte Pavée finit par désigner tout un secteur de Toulouse.

L’ancien chemin a lui-même changé de nom et correspond aujourd’hui en grande partie à l’avenue Jean-Rieux. Pourtant, le vieux nom n’a jamais disparu. Il s’est simplement déplacé de la route au quartier.

Des maisons et des jardins sur le coteau

Cette histoire explique aussi la physionomie particulière de Côte Pavée.

Nous sommes sur les hauteurs de l’est toulousain, dans un secteur où l’habitat individuel a conservé une place importante. De nombreuses toulousaines, villas et jardins donnent encore à certaines rues cette identité résidentielle caractéristique.

Il suffit donc de quitter les grands axes et de parcourir les petites rues pour retrouver cette atmosphère.

Et maintenant, le métro

Côte Pavée connaît aujourd’hui une nouvelle transformation importante.

La ligne C doit desservir le quartier avec une station située sur l’avenue Jean-Rieux. Le chantier modifie temporairement le paysage du secteur avant l’arrivée du nouveau métro.

L’endroit qui était autrefois un chemin permettant de quitter Toulouse devient ainsi l’un des points d’entrée du futur réseau de métro. Deux époques qui se croisent au même endroit.

La prochaine fois que vous monterez Jean-Rieux…

Il reste enfin un témoin impossible à déplacer : le relief.

Même sans les pavés d’autrefois, la côte est toujours là.

La prochaine fois que vous remonterez l’avenue Jean-Rieux, à pied ou à vélo pour les plus courageux, vous pourrez donc regarder la pente autrement.

Avant les toulousaines, avant les commerces, avant les voitures et bien avant le métro, il y avait simplement un chemin qui grimpait sur le coteau. La pluie emportait la terre. Alors les Toulousains l’ont pavé.

Et plus d’un siècle et demi après l’officialisation du nom, tout le quartier s’appelle encore Côte Pavée.

Et vous ? Avez-vous des photographies ou des souvenirs de la Côte Pavée d’autrefois ? Le Fil du Quartier serait heureux de recueillir vos témoignages.